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Goji : précautions et interactions à connaître

Dossier 10Mis à jour le 1er octobre 20264 min de lecture

Le goji est un aliment, consommé depuis des siècles et vendu aujourd’hui dans tous les rayons de fruits secs. Comme beaucoup d’aliments, il demande pourtant un peu d’attention dans quelques situations précises. Voici ce que rapportent les publications, présenté sans dramatiser ni minimiser.

01Pourquoi ce dossier

On trouve sur internet deux discours opposés sur le goji : celui des brochures, qui ne lui voient que des qualités, et celui des alertes, qui le décrivent comme risqué. La réalité est plus banale. Pour la très grande majorité des personnes, le goji est un fruit sec comme un autre. Pour quelques-unes, trois points méritent d’être connus : la prise de certains anticoagulants, les allergies alimentaires, et les sulfites parfois présents sur les baies conventionnelles.

Ce dossier ne remplace pas un avis médical. Il sert à savoir quand poser la question, et à qui.

02Anticoagulants de type warfarine

C’est le point le plus documenté. Plusieurs cas ont été publiés dans des revues médicales, chez des personnes qui prenaient de la warfarine, un anticoagulant de la famille des antivitamines K, et qui avaient bu pendant quelques jours du jus de goji ou une infusion concentrée de baies. Chez ces personnes, les examens de suivi de la coagulation s’étaient modifiés de façon inattendue.

Les publications de référence
2001Premier cas décrit, Annals of Pharmacotherapy
2008Nouveau cas, Food and Chemical Toxicology
2012Cas jugé « probable », Pharmacotherapy

Les situations décrites se ressemblent. Dans le cas de 2001, une femme de 61 ans, bien équilibrée sous warfarine, avait bu pendant quatre jours trois à quatre verres par jour d’une infusion concentrée de baies. Dans celui de 2012, une femme de 71 ans avait bu du jus de goji pendant quatre jours. Dans les deux cas, les valeurs sont revenues dans la cible après l’arrêt de la boisson et l’ajustement du médicament par l’équipe médicale.

Il s’agit de cas isolés, et le mécanisme n’est pas établi avec certitude. Mais pour un médicament dont l’équilibre est délicat et surveillé de près, cela suffit à justifier une règle simple : si vous prenez un anticoagulant, parlez du goji à votre médecin ou à votre pharmacien avant d’en consommer régulièrement, et signalez-le lors de vos contrôles. La question vaut pour les baies, mais aussi pour les jus et les poudres de goji, ainsi que pour les infusions.

03Allergie : une baie de la famille des solanacées

Le goji appartient à la famille botanique des solanacées, comme la tomate, l’aubergine, le poivron ou la pomme de terre. Des réactions allergiques au goji ont été décrites dans la littérature, y compris un cas d’anaphylaxie publié en 2011. Une étude espagnole de 2012 a testé trente personnes déjà allergiques à des aliments végétaux : les tests cutanés au goji étaient positifs chez 77 % d’entre elles, le plus souvent chez celles sensibilisées à la peau de pêche et aux protéines de transfert lipidique, une famille de protéines présente dans de nombreux fruits et légumes.

En pratique, une personne qui se sait allergique à la tomate, à la pêche ou à d’autres végétaux gagne à demander l’avis de son allergologue avant de goûter au goji. Pour tous les autres, le fruit se découvre comme n’importe quel aliment nouveau : en petite quantité la première fois, ce qui est de toute façon l’usage d’un fruit sec.

04Les sulfites, sur les baies conventionnelles

Certaines baies de goji conventionnelles sont sulfitées pour garder leur couleur. Les sulfites font partie des quatorze substances ou familles de substances dont la présence doit être signalée sur l’étiquette au titre du règlement européen sur l’information des consommateurs, dès qu’ils dépassent 10 mg par kilo, exprimés en dioxyde de soufre. On les repère sous les noms « sulfites », « anhydride sulfureux », « disulfite » ou les codes E220 à E228.

Les personnes sensibles aux sulfites liront donc l’étiquette, ou choisiront du goji bio, pour lequel l’ajout de sulfites n’est pas admis. La lecture d’un sachet est détaillée dans notre guide de l’étiquette, ligne par ligne, et ce que garantit vraiment le logo bio européen dans un dossier à part.

05Ce que ce dossier ne dit pas

Il ne dit pas que le goji est dangereux : les situations évoquées sont précises et limitées. Il ne dit pas non plus que le goji serait bénéfique pour telle ou telle fonction. Dans l’Union européenne, aucune allégation de santé propre au goji ne figure parmi les allégations autorisées, et nous nous en tenons aux faits : origine, composition mesurée, qualité, cuisine.

En pratique

Vous prenez un anticoagulant, ou tout médicament au long cours : demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien. Vous avez des allergies alimentaires connues, en particulier à la tomate ou à la pêche : demandez l’avis de votre allergologue. Vous êtes sensible aux sulfites : lisez l’étiquette ou choisissez le bio. Dans tous les autres cas, le goji se cuisine comme un raisin sec.

Pour les chiffres de composition, sans interprétation, voyez la composition du goji séché comparée à celle de la cranberry.

06Questions fréquentes

Une poignée de baies dans un yaourt pose-t-elle problème si je prends un anticoagulant ?

Ce site ne peut pas répondre à la place de votre médecin ou de votre pharmacien, qui connaissent votre situation. Les cas publiés justifient simplement de leur poser la question et de leur signaler toute consommation régulière.

Je suis allergique à la tomate. Puis-je manger du goji ?

Le goji appartient à la même famille botanique et des sensibilisations croisées ont été décrites. Demandez l’avis de votre allergologue avant d’en consommer.

Les sulfites sont-ils toujours indiqués sur l’étiquette ?

Oui, dès qu’ils dépassent 10 mg par kilo exprimés en dioxyde de soufre, leur présence doit figurer sur l’étiquette. Les baies bio ne peuvent pas en recevoir.

Ce dossier est une information générale. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin, de votre pharmacien ou de votre allergologue, qui seuls connaissent votre situation.

Sources
  1. Lam AY et al., « Possible interaction between warfarin and Lycium barbarum L. », Ann Pharmacother, 2001 : pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
  2. Rivera CA et al., « Probable interaction between Lycium barbarum (goji) and warfarin », Pharmacotherapy, 2012 : pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
  3. Larramendi CH et al., « Goji berries (Lycium barbarum): risk of allergic reactions in individuals with food allergy », J Investig Allergol Clin Immunol, 2012 : pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
  4. Règlement (UE) n° 1169/2011, annexe II (substances allergènes, dont les sulfites) : eur-lex.europa.eu
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